Contexte et méthodologie

France

Contexte

L’aspect principal de l’économie en France est la place tenue par les grandes entreprises qui en sont originaires. Cette spécificité différencie le pays de la plupart des pays européens, y compris l’Allemagne. Cet état de fait a essentiellement pour origine le rôle de l’État qui, entre la fin des années 1940 et le début des années 1980, a contrôlé une large part de l’économie et a poussé à la concentration des entreprises par la planification. À partir des années 1980, ces entreprises sont entrées dans le processus de libéralisation. Elles se sont intégrées dans la mondialisation par fusions, acquisitions, alliances, délocalisations. Les quarante entreprises référencées dans l’indice boursier CAC 40 sont des multinationales dont la majorité se classent dans les cinq premiers rangs mondiaux de leur secteur. Ces grandes entreprises françaises ou d’origine française sont les plus concernées par le processus d’internationalisation. Même si elles ont beaucoup délocalisé, et si elles réalisent actuellement la plus large partie de leur chiffre d’affaires à l’étranger, elles ont en général conservé en France leurs institutions dirigeantes et une partie de leur production.

Grâce à l’apport des capitaux étrangers, les groupes étrangers prennent une place grandissante dans l’économie. La contrepartie de cette situation est que le secteur des PME suffisamment fortes pour être présentes et actives à l’exportation est relativement plus faible que dans des pays comme l’Allemagne et l’Italie. Par contre, les PME importatrices tiennent une place importante, le plus souvent en relation avec les pays à bas coûts.

Méthodologie

Pour que le présent guide des bonnes pratiques linguistiques en entreprise soit reconnu comme outil de gestion, l’option prise a été qu’il soit fondé sur des témoignages décrivant des pratiques effectivement mises en œuvre. La méthode choisie a été la constitution d’un corpus d’entretiens menés en tête à tête, ou à défaut au téléphone, et enregistrés.

Pour des raisons pratiques, tous les contacts pris se sont localisés dans la région parisienne. Ont d’abord été contactés des acteurs du monde de l’entreprise qui s’étaient exprimés sur les questions de langues ou qui avaient pris des initiatives : membres de l’encadrement, syndicalistes, représentants de chambres de commerce. Parallèlement ont été contactées des entreprises avec lesquelles la DGLFLF avait été en rapport pour obtenir des informations sur leurs pratiques linguistiques, et qui a priori témoignaient donc d’une certaine ouverture vis-à-vis des questions de langues.

Dans la quête d’interlocuteurs au sein de ces entreprises, la demande formulée était de rencontrer, d’une part, une personne de l’encadrement dirigeant et, d’autre part, un représentant élu du personnel, de façon à disposer de leurs visions du fonctionnement de l’entreprise. Les entretiens ont été réalisés sur la base d’un questionnaire établi à partir de recherches et d’observations de terrain antérieures.


Québec

Contexte

Le tissu économique du Québec est essentiellement constitué de petites et moyennes entreprises. Les plus grandes entreprises sont le plus souvent des filiales de sociétés étrangères, dont le siège social se trouve à l’extérieur du Québec. Les États-Unis sont le plus important partenaire commercial du Québec.

Si la majorité des exportations québécoises sont destinées aux États-Unis (67,6 %), les marchés européen et asiatique échangent aussi avec le Québec. En 2011, ils s’appropriaient respectivement 14,6 % et 9,3 % des exportations québécoises. Environ le tiers (30,6 %) des importations du Québec proviennent des États-Unis, alors que les marchés européen et asiatique comptent respectivement pour 30,0 % et 20,8 %. En 2009, environ 28,7 % des échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis se faisaient sous la forme d’échanges « intraentreprises », c’est-à-dire que les intrants et les extrants franchissaient la frontière à maintes reprises durant les cycles de production. Les États-Unis sont également le plus grand investisseur étranger au Québec et la principale destination de l’investissement québécois à l’étranger.

Dans le contexte linguistique nord-américain, la place du français est forcément fragile compte tenu de sa situation minoritaire. La Charte de la langue française a fait du français la langue officielle du Québec. Cette loi accorde des droits linguistiques aux travailleurs et aux consommateurs et elle impose des obligations aux entreprises. Notons que les entreprises qui emploient 50 personnes ou plus sont tenues de généraliser l’utilisation du français et que celles qui comptent 100 employés ou plus doivent constituer un comité de francisation. Ce modèle de coopération entre les représentants de travailleurs et ceux de la direction reconnaît la contribution des travailleurs et leur assure un rôle actif dans la francisation des milieux de travail. C’est à l’Office québécois de la langue française (OQLF) que revient la tâche de veiller à ce que le français soit la langue normale et habituelle du travail, des communications, du commerce et des affaires au Québec, tant dans l’Administration que dans les entreprises. Des partenaires, dont les grandes centrales syndicales ainsi que les principales organisations patronales, collaborent avec l’Office et mettent en œuvre différents moyens pour l’aider à accomplir ce mandat.

Méthodologie

Pour recenser les bonnes pratiques linguistiques des entreprises québécoises, l’Office a d’abord cherché à mettre à contribution l’expérience de ses conseillères et de ses conseillers en francisation, chargés d’accompagner individuellement les entreprises dans leur démarche de francisation. Ces conseillères et ces conseillers ont été, en effet, les témoins privilégiés des solutions originales que bon nombre d’entreprises ont su déployer, au fil des ans, pour surmonter les difficultés qui faisaient obstacle à l’exercice du droit de travailler en français. Conseillères et conseillers se sont ainsi réunis à quelques reprises pour mettre en commun divers exemples de bonnes pratiques linguistiques recueillies çà et là, à la faveur de leurs visites périodiques dans les entreprises.

Par ailleurs, depuis maintenant plus d’une dizaine d’années, l’Office souligne d’une façon particulière, à l’occasion de la soirée annuelle des Mérites du français, les réalisations remarquables des entreprises en ce qui a trait à la francisation de leur milieu. Bon nombre de ces réalisations consistent justement en de bonnes pratiques linguistiques présentées comme modèles à l’ensemble des milieux de travail. C’est donc également dans le bassin des lauréats des Mérites du français qu’ont été puisés certains des exemples de bonnes pratiques contenus dans le guide « Bonnes pratiques linguistiques dans les entreprises ».